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Plaidoirie pour la liberté de la culture et du cinéma Du pain nu aux jeux chauds

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Plaidoirie pour la liberté
de la culture et du cinéma
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Du pain nu aux jeux chauds


 




Plaidoirie pour laliberté de la culture et du cinéma Du pain nu aux jeuxchauds  Jennifer Lopez, vientde mettre en challenge et  démontrer que
le paradoxe entre le licite culturel et l'illicite éthique. Un conflit qui
démasque et qui illustre nos paradoxes bipolaires.
 La culture est enagonie Il faut que Mawazineait lieu dans toutes les villes du Maroc ! Comme ce fut du des concerts dans
les stades qui animaient la vie artistique du temps d’Hassan II. Et ces
activités doivent avoir lieu chaque mois ! Où est passé le théâtre ? Seulement
à la télé ! Que sont devenus les cinémas, ces chapelles de villes et autres
scènes de quartiers ? Tués par les cassettes, puis remplacées par des DVD. Où
sont les lecteurs, quand il y a si peu d’encouragements aux penseurs aux
écrivains et? Où sont les librairies encore ? Elles sont devenues des
papeteries et des immeubles en dur.
 Culture et bavurescontradictoires   Jennifer de Mawazine Il y a deux jours,Jennifer Lopez était en concert de Mawazine à Rabat. Une dynamite essoufflante,
qui fut reprise in live, sans censures ni coupures, sur 2Mtv.
C’est une plaidoiriesculpturale, au profit du cinéaste, qui a été démonisé. Il y a de quoi rêver, à
en rester perplexes et ahuris. Ses déhanchements lubriques, ses extatiques
ondulations sur scène, plaisent aux jeunes et plaident pour le ‘’Much loved’’
d’Ayouch, dont le film est proscrit. Match nul !
 Des plages de libertés Il y a là aussi desfemmes, en bikinis, plus nues encore que la diva. Mais il faut attendre l’été pour
les voir, comme des sirènes sur les plages…Dignement, librement, sans entraves
ni censure, et qui plus, pour tous, en famille et gratuitement. Mais là, les
gens ont le choix, il y en qui n’aiment pas le soleil et qui ne supportent pas
le soleil, et ils n’y vont pas. D’autres ont leurs raisons, la pudeur
religieuse les en empêche. C’est un credo respectable. C’est leur devoir, leur
morale et leur droit.
 Ces exemples sont unedéfense à l’avantage du filmographe, cet artiste, chercheur dans les rues et les
bars, explorateurs de nos écarts, qui a été sévèrement diabolisé. Si le peuple
des bidonvilles et des barmaids parle le langage trash et cru des putes du film
de notre cinéaste, ça laisse les bonnes gens échaudées et refroidies à la fois.
Faut-il penser que le peuple soit émasculé et sourd aux envies ? Il y a
beaucoup de scanneurs de fesses, assis aux abords des cafés. C’est une culture.
Faut-il les emmurer pour leur éviter de zyeuter les passantes et les passants ?
Car c’est bien désagréable de se sentir, suivi par leurs lasers pénétrants. Et,
c’est à minima, comme du harcèlement.
 Faut-il dire de nosgens que c’est peuple de dévots, des mystiques intimidés, qui ne comprennent rien
aux paroles de Jennifer et qui ne lisent que les sous-titres de ses rares
vêtements ? Et que seuls les dévoyés et les voyous perçoivent le sens
érotique et les contorsions lubriques de J LO. Des mordus, en panne de
gémissements, qui s’en excitent et s’enivrent, comme s’il n’y avait pas de
vraies femmes au pays pour les rendre heureux ? Sauf que là, près de chez eux,
en la capitale, là sur scène et pour de vrai, ce n’est pas un jeu d’actrices de
cinéma, à deux sous, mais une dame onéreuse, une vraie bombe, en chair et en os
qui les enchante ! Avec de la musique et de la danse, à la place des mots !
Damner le premier et lui permettre de jouir de ses libertés à la seconde, est
aux antipodes de l’équité ! Elle, qui a été bigrement honorée, lui quasiment
menacé physiquement, est antinomique et partial. Simulacres et tartuferies,
gouvernance délicate, cette mascarade tourne au vertige et au vinaigre. Et
comme pansements, il y a cette permissivité, qu’il est de louvoyer autour de
nos erreurs et de nos fourberies, appelant l’oubli à nous en pardonner !
Et comme résilience, de nous complaire avec nos erreurs, pour nous surpasser et
avancer.
 Le loup de Mégarama Les censeurs haletants,se sont-ils tus ? Je ne le pense pas. Ce film a eu un impact essentiel
inespéré ! Social, politique, culturel, ce alors qu’il n’est même pas sorti !
Pour appuyer mon hésitation, on me réfère au film projette au Mégarama, sus
cité : « Le loup de Wall street », de Leonado Di Caprio. J’y ai vu des scènes
hautement érotiques, sur ce film qui n’avait pas été interdit. Des prises de
vue de fesses nues, striées de poudre que l’acteur sniffait. Argent, drogues,
positions lubriques des faunes et des démones de lits, rien ne manquait.
 Je n’accable personne. Je ne juge même pas.J’observe un conflit. On ne comprend plus rien, on ne se comprend pas, non
plus. On ne sait plus qui nous sommes, ni où l’on va. On ne sait plus quoi voir
ni ce que l’on voit. On ne retient que ce qui est interdit…Attention les
mafiosos libertaires, sont là. Je fais encore allusion aux années de
prohibition… 
 Je réclame un diagnostic,social, anthropologique, scientifique, psychologique, médical, cultuel culturel
et politique, à la fois et à froid. Parce qu’on est déstructurés, paumés et
déchirés, entre deux clans opposés sur cette question.
 Cela rejaillit surl’enseignement, son niveau ou sa nullité, ses horizons, sur les langues usitées,
leurs contenus, leurs impacts sur la famille, le travail et la citoyenneté.
Donc sur la communauté entière et sur la politique du pays. Tout se confond. La
livraison est hypocrite. On ne se comprend même pas avec soi-même.
 Regardez les réunionset comment les harangues des partis politiques, qui profitent des différences, incriminent
et diabolisent l’autre en brûlant, à mort cet autrui. Ils, les parangons,
s’entredéchirent à l’image des injures proférées et des pugilats. Autant de
cirques de gladiateurs et de tribuns meurtriers. Pire que du temps des
romains ! Et pour le sentir, il y a ces tweeters et ces textos, envenimés
et arrogants, qui ternissent les forums. Et leur ouverture publique, pour la
compréhension et l’entendement.
 Les jeunes, de la cultureà la politique A la fin des struggles,on livre le Parlement au chômage des absents. Et au silence, le Pays, et ce durant
des mois entiers. Le choc des Titans, j’en ai assez parlé avant !  Un vide complexe, sinon des attentes sidérées
et des simagrées, pour se remplacer, les uns par les autres, bizarrement et
n’importe comment. Un échangisme, torride, caricatural et antinomique, simiesque
et comique, avec les ennemis d’hier. Des anges démonisés qui deviennent subitement
des complices tolérants. Les comparses d’aujourd’hui sont-ils nos amis ou nos
ennemis de demain ! Tant mieux, si l’on se regroupe. Mais tout le monde ne
saisit pas ces ‘’nuances de Gray’’, ces diatribes et puis ces assortiments. On
se sait plus où l’on est dans ce pays nôtre, aux 40 partis, si opposés et si complaisants
! Alternances, sans crédit pour demain ni pour la continuité. Demain, de quoi
sera-t-il fait ? Et le profil du marocains, qui s’en soucie ?
 Quoi enseigner commecultures, comme musiques, comme arts, comme filmologie ? Quels livres donner aux
enfants et aux jeunes adultes, en mal de soi, dans leur pays ? Google, le Web,
le leur dira, en les formatant ! Au citoyen de demain, quelle culture lui offrir,
pour sculpter sa personnalité ? Sa force, sa fierté, sa dignité, son identité,
sont en mal de repères et de principes. Quoi leur enseigner? La diplopie !
 Nos jeunes, notreéducation sont à réparer. Leur esprit est ailleurs, il n’est pas dans cette
nationalité-là ! Désancrés du pays, qu’ils ne se reconnaissent pas, ils sont
attirés par les fantasmes de ces horizons étrangers, qu’ils se revendiquent
comme imagos et comme fans. Des horizons, à 15 kilomètres, à 15 minutes, pour
leurs libertés, leur argent et leur modernité ! Il est extraverti, le marocain,
il est possédé par un spectre, par ceux qui le chassent, qui le détestent et
qui le haïssent.
Leur façon de voir lebonheur, aux jeunes adultes, la signification et le sens de la vie n’est pas
dans ce pays. Ils ont le corps ici et leurs idées ailleurs. A l’Est pour les
uns ou au Nord pour beaucoup ! Des complexes colonisés, nous rassemblent
nous débilitent et nous usent. Mais on ne peut pas s’empêcher de marcher,
ensemble, la tête haute, pour nos libertés et notre personnalité!
 Dès lors, qu’est-ce quipeut leur convenir ? A nos mutants ! Quels arts doivent-ils pratiquer et
l’ado et cet homme, muri, enkysté et emmuré ? Quels films doivent-ils regarder
? Quelle liberté de choix leur garder, quelles possibilité de création ou de
terne passivité ?
 Populisme ? A quelle dosehoméopathique de bonheur doit-on les livrer ? Au kif que l’on veut promotionner
et légitimer ? De quoi s’empiffrer ! Non seulement au Rif dénudé, mais au
Sahara désert et au paradis vidé ! Un bel et nouvel alibi pour certains partis,
indépendantistes férus qui veulent qu’il y ait des médicaments dans le kif, de
quoi soigner les dépits et les angoisses, les douleurs de tous les
terriens ! Programmes discutables. On est paumés ! Prothèse politique
ou thèse attractive d’une authenticité pâmée ? Une belle thérapie, qui nous
vaut déjà tellement de haines, de malades aggravés et d’ennemis dépravés. A côté
de chez nous, les braves soumis nous tirent dessus ! On nous descend pour
notre régime, pour nos putes, pour ce kif et pour ces relatives libertés.
 Annihilés, paralysés oudéstructurés, nos jeunes, qui s’entretuent aux couteaux et aux tcharmils se
sabrent. Armes aux poings pour un phone ou des espas marquées qu’ils veulent
arracher ou voler, là sur les abords des collèges, afin de s’acheter de quoi kiffer
et s’intoxiquer ! Alors, le kif est aussi ce péril de schizophrène. Certains le
cultivent ou le vendent illégalement, parce qu’il rapporte beaucoup d’argent à
blanchir pour ces gars, ou simplement des maladies et de la prison !
 Bien de nos jeunes semblentlivrés aux fantasmes des drogues ! Mais aussi au fantasmes des images
virtuelles, celles des fortunes vite faites. Celles des boat-peoples ne les
effraient pas assez ! Celles avec des horizons sanglants, qui interpellent les
humains pacifistes, ne les répugnent pas assez. Que faire pour les en
décourager ? Comme le témoignent les déchirements du Moyen-Orient, où nos
référentiels et nos amis, se déchirent, larga manu ! Des images barbares
circulent. Celles des têtes coupées, comme des ballons lâchés, ces corps
écartelés, ces femmes lapidées, ces fosses communes remplies et explosions à
l’envie.
 Le bug d’Ayouch, qui ascandalisé le bon peuple, les éditorialistes, les polémistes des forums, est un
révélateur de notre déchirement. De cet état de lambeaux culturels hérités, de
notre de patchwork cultuel fragmentaire et de pénalités difractées. Il est la
résultante de notre état postcolonial de peuple pacifiste, de terres et de campagnes,
encore effrités et colonisés ! Il est le reflet de notre bonhommie, de notre
personnalité dissonante, aux multiples langues, souvent mal maitrisées.
Sommes-nous des schizophrènes, dépolarisés, extravertis sur deux mondes opposés
ou plus encore ?
 Et ce phénomène desfemmes ‘’Much loved ’’ de l’Ayouch, si mal aimé ? C’est un révélateur
sociologique ! Il doit, comme film à visiter et non conspuer, ouvrir encore
plus de discussions, apaisées… Des vannes des politicards pas seulement, mais
aussi des vannes d’idées à ouvrir, pour les exploiter, sans haines ni
arrogances préconçues ! Ce, afin de changer, d’évoluer sans hypocrisie, ou pour
se défendre et s’en vanter ! Et se détendre, pourquoi pas !
 Les censeurs haletants,se sont-ils tus ? Je ne le pense pas. Ce film a eu un impact essentiel
inespéré ! Socio politique, culturel, alors qu’il n’est même pas sorti ! Pour
appuyer mon hésitation, je me réfère au film projeté au Mégarama, Le loup de
Wall street, de Leonado Di Caprio. Et ce n’est pas un déni. Dans ce film qui
n’avait pas été interdit, j’y ai vu des scènes plus que suggestives et
lascives, plus qu’impudentes obscènes, mais guères érotiques. Des prises de
fesses nues, striées de poudre que l’acteur sniffait, argent, drogues positions
lubriques des faunes et des démones de lits, rien ne manquait. Le film ne
résout aucun problème. Pourquoi le demander a Jennifer ou à Ayouch
 DR IDRISSI MY AHMEDKénitra, le 31 mai 2015  Voir mes écritsantérieurs sur Libération. http://www.libe.ma/Ayouch-et-ses-femmes-si-aimees_a62693... http://www.libe.ma/%E2%80%8BLes-prelats-du-web_a62590.html  






Dernière modification le dimanche 31 Mai 2015 à 23:58:15
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