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(En français) Lorsque le journalisme prédateur monnaie cher son silence (le cas E. Laurent et C. Graciet

Lorsque le journalisme prédateur monnaie cher son silence

Le cas Eric Laurent et Catherine Graciet

 

Version arabe à travers ce lien :

https://orbinah.blog4ever.com/en-arabe-lorsque-le-journalisme-predateur-monnaie-cher-son-silence 

:

Question insolite de bourse:

Combien coûte le silence par mégawatt en antimatière à charge nulle dans la bourse de la presse en France et au Maroc? (voir Ici).

 

La règle;

Lorsque les cours du tapage courtisan connaissent une crise, le tapageur de métier monnaie son silence en matière de tapage hostile. Sa logique étant de crier en un silence assourdissant face à tout détenteur de pouvoir d’achat: si tu refuses de m’acheter du verbe élogieux, tu seras contraint de m’acheter mon silence.

 

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En guise de vacances annuelles, je me suis offert trois semaines de repos sous forme d’une déconnection médiatique presque totale pour la santé de mon esprit en prenant un recul vis-à-vis du tableau vertigineux de l’actualité. Cela a été l’occasion pour moi de revenir enfin, pour le lire, sur le numéro 12 (1984) de la revue Corps Ecrit (voir Ici), qui a pour thème ‘Le Silence’ et que j’avais trouvé il y a une vingtaine d’années oublié ou laissé dans une cabine téléphonique au Bd. St. Michel à Paris.

Cette instance de l’existence, le SILENCE, qui fascine certains et/ou inspire effroi aux autres comme B. Pascal, m’a toujours fasciné personnellement et j’aime en écouter périodiquement. Ledit numéro aborde spéculativement les différentes manifestations et acceptions du ‘Silence’, opposé soit au Bruit du SON physique, soit au Verbe de la PAROLE véhiculaire de sens (proposition ou injonction). De ce silence de l’Univers qui effraie Pascal ("Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie"), au silence-consentement et silence-refus qu’on impute à la femme et à l’homme respectivement, au silence du mystique, au silence dit ‘silence de la loi’ et au ‘silence de la danse’ et autres. Seul le ‘Silence de Dieu’ qui succède aux temps de la Révélation face à l’expérience de l’Homme et à l’action qu’il mène en son propre nom et/ou au nom même de Dieu le Bon et le Juste, a curieusement été passé sous silence dans ce numéro de la revue; et cela malgré le fait que ce dernier type de ‘silence’ (si de silence il s’agit) a toujours fait l’objet de spéculations morales (voir Ici) depuis la nuit des temps bibliques (l’épreuve individuelle de Job) et jusqu’à notre époque (les atrocités du Nazisme au nom du Surhomme ou celles à l’œuvre de nos jours sous nos yeux au nom du Bon Dieu).

 

Dans l’acception du SILENCE, non pas en tant qu’état opposé au bruit physique mais en tant qu’instance opposé à la PAROLE véhiculaire de sens (sous forme de proposition ou d’injonction), cette dernière instance opposée au Silence, à savoir le VERBE, n’est pas nécessairement orale. Cela veut dire que, par le truchement du signe visuel de toute sorte, l’écrit en l’occurrence, il peut y avoir un tapage verbal silencieux assourdissant.

En tant qu’expression d’attitudes, un tapage verbal peut être favorable, élogieux, voir courtisan, tout comme il peut être hostile et assassin. C’est ainsi que, pour le tapageur de métier, lorsque les cours du tapage courtisan connaissent une crise de demande, le tapageur se met à monnayer son silence en matière de tapage hostile. Le métier de journalisme de tous les temps et sous toutes ses formes se trouve ainsi au cœur de la bourse de ce trafic où le tapage et le silence constituent le fond de commerce. Et ainsi, des ‘Journalistes prédateurs’, il peut y en avoir par conséquent et il y en a; et l’actualité nous en offre tous les jours des cas plus criants les uns que les autres, au Maroc notamment comme ailleurs.

 

La sortie du fameux "Journal d’un prince banni" a donné lieu, il y a plus d'un an au Maroc, à un énorme étalage de ‘linge sale’ dans les rangs d’une famille de presse dans ce pays (voir Ici en fr. et Ici en ar.). Aujourd’hui, que certaines plumes journalistiques qui se font championnes des droits de l’homme, de la démocratie, de la transparence, de la bonne gouvernance et d’une ‘équitable répartition des richesses’ ont révélé l’existence en France également de ‘journalistes prédateurs (voir Le Monde Icile JDD Ici et TelQuel Ici), la vedette semble dorénavant avoir été volée aux Marocains dans ce domaine. Il n’y a, bien sûr, rien qui mérite d’être regretté dans la perte de ce type de vedettariat. Il reste juste la curiosité légitime de se demander si les deux familles journalistiques, la famille marocaine et la famille française, n’entretiennent pas en fait des rapports verticaux et/ou horizontaux de parenté dans ce sens (Lire "L’affaire Laurent-Graciet, la face visible d’un iceberg nauséabond" de Fahd Yata Ici).

Heureusement donc que Dieu ne monnaie aucunement son ‘Silence’ de l’Après-Révélation, puisque les doctes de la foi recèlent plutôt dans ce ‘silence’ la volonté de l’Eternel de responsabiliser l’Homme qui, selon la Genèse, s’est servi lui-même le fruit de l’Arbre de la Connaissance, qui lui a permis de prendre conscience de sa propre nudité et de distinguer ainsi lui-même le Bien et le Mal. Il n’y a qu’une telle responsabilisation pour le qualifier à ne plus imputer ses propres imperfections à la volonté du Ciel. «Ne convient-il pas de voir dans le silence de Dieu une option délibérée, un choix miséricordieux qui rend possible le devenir de la personne humaineréfléchit Pierre Coulange (voir Ici).

 

Morale:

Enfin, maintenant que les impliqués sont pris en flagrant délit, les mains dans le sac, qu’il ont été ainsi contraints de reconnaître publiquement les faits devant leur confrères de presse, et qu’il ne leur reste plus que de nier l’intention d’un façon surréaliste et de s’accrocher d’une façon non mois surréaliste à des bagatelles de procédure (chantage ou incitation à la corruption? Qui a le droit d’enregistrer les circonstances du flagrant délit?, Voir Ici et Ici), Hassan II s’avère avoir raison de s’être inspiré un jour, au sujet d’une grande affaire du Maroc, de l’adage marocain qui dit /kebberha tesghar/ ("Agrandis l’affaire et elle rapetisse"). Tahar Ben Jelloun vient de montrer aujourd’hui combien la morale de cet adage est également applicable aux petites affaires crapuleuses de type Laurent-Graciet: «Avec l’affaire des deux zigotos, le Maroc a compris de manière efficace qu’il n’avait rien à cacher. Il ne faut plus craindre le regard extérieur, qu’il soit critique ou simplement malveillant» (voir Ici).

 

Mohamed Elmedlaoui



29/08/2015
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