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(en FRANCAIS) Halte à l'officialisation de la discrimination ethnique au Maroc

Halte à l’officialisation de la discrimination ethnique au Maroc

 

 

 

Une citation :

"(...) نكتة أخرى تقرب الموضوع أكثر. في المغرب، عندنا تجار معروفون بنوع البخل، وهم من عرق معين؛ لن أقوله، حتى لا أتهم بالعنصرية في المغرب. يقولون إن أحدهم، من خوفه من المساعدين معه في المتجر أن يسرقوه، ومن حرصه على ماله، وضع مرآة في قعر درج النقود. فإذا فتحه نظر في المرآة حتى يتأكد أنه هو الذي يفتح الدرج وليس غيره. [الجمهور لم ينفجر ضحكا]. ما وجه الإضحاك في النكتتين؟ أن النكتتين معا تخرقان مفهوما بدهيا، هو أن الهوية مطابقة شعوريا للذات ... وكذلك في الهويات الجماعية، التي هي ليست أقل بداهة وليست أقل رسوخا في الفطرة والشعور والوجدان والثقافة والعقلية والذهنية ... ولهذا نقيض الهوية هو المسخ.  من هنا كان المسخ عقوبة إلهية ... سواء ذهبنا مع المفسرين الذين قالوا إن المسخ إلى القردة والخنازير كان مسخا حسيا أو كان مسخا معنويا ...".

 

Traduction partielle de la citation

 

«… Une autre blague qui nous rapproche plus du sujet. Au Maroc, nous avons des commerçants bien connus par leur avarice. Ils appartiennent à une race particulière; je ne les nomme pas pour ne pas être accusé de racisme au Maroc. On raconte que l’un d’eux, à force d’avoir peur de ce que ses propres assistants dans la boutique lui ravissent sont argent qu’il aime tant, il mit une glace au fond du tiroir de sorte qu’à chaque fois qu’il l’ouvre, il regarde dans la glace afin d’être sûr que c’est bien lui qui ouvre le tiroir et non quelqu’un d’autre … »

 

Ce qui précède est un extrait d’une conférence donnée dans un pays du Golf par le parlementaire marocain, Abou Zayd Al-Maqri Al-Idrissi (v. Ici). Remarquant le peu de rire provoqué chez l’audience par sa blague de mauvais goût, soit par décorum et dignité affichée par cette audience, soit par son mépris à quelqu’un dont la vénalité pousse à mettre son propre pays en dérision devant ses hôtes à l’étranger, le conférencier commence alors à expliquer les aspects qui prêtent au rire dans son histoire sur la race avare de son pays, qu’il se réserve de nommer pour ne pas être accusé de racisme une fois rentré dans son pays. C’est delà qu’il a enchaîner pour parler des identités collectives pour finir par mettre tout cela en rapport avec la malédiction divine de métamorphoser certains groupes ou nations en singes et cochons (المسخ إلى قردة وخنازير) dans des allusions bien claires.

 

Une dérive catastrophique

Décidément, certains de nos respectables représentants (النواب المحترمون) font tout, dans le silence des autres, pour normaliser, voir officialiser la stigmatisation et la discrimination ethniques entre les marocains et en faire une politique d’Etat, à l’intérieur comme à l’extérieur. Après l’épisode du député qui n’a trouvé d’illustration imagée pour qualifier l’état d’une ville nouvelle, qu’il considère comme ratée, que de dire au sein du parlement que cette ville (Tamsna) "ne sert qu’à ce qu’un Chelh (berbère) aille y vendre des grains de potiron" (ما تصلح غير لشي شلح يبيع فيها الزريعة), voilà qu’un pas en avant dans se sens est franchi. Alors que tout le monde épilogue sur l’action diplomatique parlementaire pour exporter la nouvelle image du Maroc en tant qu’un émergent Etat-Nation démocratique et moderne, le parlementaire représentant du peuple, Abou Zayd Al-Maqri Al-Idrissi, n’a trouvé, une fois de plus, que la même communauté industrieuse qui se prend en charge par tradition, et grande contributrice depuis plusieurs décades à l’économie nationale moderne à l’échelle locale régionale et nationale et sans bruit, pour la présenter, du haut de sa tribune de conférencier à l’étranger, comme une race avare.

Je suis scandalisé, consterné, triste et désespéré dans mes aspirations à une citoyenneté moderne dans ce pays; et certainement je ne suis pas le seul à remarquer tristement qu’avec tout ce qui existe déjà comme dispositions de loi, et qui reste encore à moderniser (v. Ici), des agissements destructeurs comme ceux-ci, que la rue a largement dépassé ces dernières années, demeurent l’argument préféré de nos représentants, sans qu’aucune mesure judiciaire ne soit jamais engagée.

Le forfait d’Abou Zayd présente trois niveaux de responsabilité : (i) une responsabilité de justiciable devant la loi, (ii) une responsabilité politique en sa qualité d’homme politique et (iii) la responsabilité morale de l’instance législative dont il est membre, et qui a ou devrait avoir des règles de bonne conduite.

Si je réagis ainsi à ce triste épisode, c’est parce que c’est très grave au moment où le pays tente, sur le plan constitutionnel, de se réconcilier avec ses propres composantes constitutives en tant qu’Etat-Nation moderne; on aspire à cela également sur le plan de l’action intellectuelle, mais le pari est encore loin d’être gagné (v. Ici).



29/12/2013
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