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(en berbère et français) Un lexique amazighe épuré (Made in Tamazgha)

Un Lexique Amazighe épuré "Made in Tamazgha"

 

 

Notation du tachelHiyt:

/v/ غ; /x/  خ; /H/ ح /c/ ش;  Les coronales majuscules: des emphatiques. 

 

 

iv-ann nZRRa RRhD n-isqqsitn lli-d ittilin f-walsiwn n-tasut-ad, iDhar is ilazm ad qqnn imazivn imawn nnsn yan snat tasutin.

 

iDhar is ilazm mayann ixard-d gin imziln n-wawal imassn imaynutn n-wawal d-tguriwin n-ljdid  v-ur illi waDu ula timitar n-lvwcc.

Kullu mad-d ikkan kran n-yils yaDni, sliwan akkw ta3rabt, ilazm ad ittyaras yav-nn arwass. s-lmital d’umdya :  ixSSa  a  n-sitti kullu ismawan lli yaddun s-uskkil n-id-lam /l-/ (zund /lkas/, /lbrrad/, /liqqamt, /luTar/, etc.), d-kullu ismawn lli ibdan s-sin iskkiln mmrwasnin (zund /cciba/, /rribab/, /ddin/, /jjib/, /zzit/, /zzbib/, /TTajin/, /ttub/, /llun/, etc.), ula kullu imyagn lli mmi iga usqqul /cCCc/ (zund /Hccm/, /crrg/, /brrk/, /frrd/, /Hyyl/, etc.) acku kullu mayann ta3Rabt add ikka.

 

sul, yili fllasn ad jdrn ma yura Uwzal ula Ttamili ula YaZnag ula Ddrqawi ula kullu wida d-ifln tirra s-vaylli mmi ttinin /lmazvi/ mnnawt tmaD n-sggwasn ayad, acku iktur kullu mayann s-tguriwin d-ikkan ta3Rabt.

qqnat imawn nnun ilmma, ar ttqqlm s-imziln n-wawal ad-d gin imassn n-wawal n-tmazivt n-imal “Made in Tamazgha”.

 

Un commentaire de M. Hassan Bouzit

Hassane Bouzit La question serait, sauf respect, qui devrait être responsable de ces essais d'aménagement et de leur raison d'être? Serait-ce une affaire institutionnelle ou la liberté de réflexion de tout un chacun? 
PS. Je m'adresse à si Mohamed Elmedlaoui le chercheur/ institution

 

Ma (M. Elmedlaoui) réplique :

 

D’après ce que je vois, sur la base de mon implication pendant des années, aussi bien sur le plan de l’activité descriptive personnelle que sur le plan de l’aménagement institutionnel, le "responsable" est un état d’esprit qui s’est installé. Il s’est installé d’abord sur le plan de la mentalité profane, comme REACTION sociolinguistique populaire, et ensuite comme "réflexion" institutionnelle implicite.

 

Cet état d’esprit s’appelle : EPURATION LEXICALE. C’est une idéologie; ce n’est pas une approche scientifiquement réfléchie d’aménagement d’une langue qui, comme toutes les langues, est et demeure un PRODUIT HISTORIQUE, dans son lexique,  sa syntaxe, sa phonologie.

 

L’amazighe, comme toutes les langues naturelles n’est pas une langue pure et/ou épurée descendue du Ciel ou qui a émergé des entrailles d’un coin particulier de la Terre. J’ai toujours fait le parallèle dans ce sens entre l’aménagement de deux langues émergentes (le persan et le turc) d’une part et l’aménagement récent de l’amazighe d’autre part. Malgré toute l’agressivité idéologique et géopolitique des deux nations, persane et turque, vis-à-vis de leur entourage géo-historique sur tous les plans (ethno culturel, de civilisation et d’influence géopolitique), l’aménagement lexical de ces deux langues ne se fait pas par épuration appauvrissant et asphyxiant (30 à 40 % du fond lexical, selon les secteurs et les champs lexicaux demeurent toujours d’origine arabe par exemple, sans parler d’autres origines).

 

La chasse obsessionnelle de tout emprunt est un jeu populaire profane enfantin: une REACTION subjective et non une REFLEXION. Lors du premier colloque organisé par l’ircam à la FLSH de Rabat en 2003 sur "l’aménagement de l’amazighe" justement, une personne chercheuse et membre du CA de cette institution est intervenue pour stigmatiser et condamner l’usage de tout ce qui est emprunt ; de fil en aiguille, elle donne le mot /tamubil/, un mot "d’origine arabe" (الطوموبيل) selon elle.

 

Une réaction profane enfantine au fond qui peut expliquer pourquoi, dans ce nouvel esprit qui s’est installé, les locuteurs rifains, par exemple, parlent plus couramment et avec fluidité leur variante amazighe, alors que les locuteurs de la variante tachelhiyt bégaient et mettent 50 % du temps de parole en /aaa, aaa, aaa/ pour chercher les mots en évitant les emprunts.

 

Les premiers "bénéficient" de l’évolution phonétique historique de certains phonèmes (/l/, /r/, /g/, /k/, etc.) qui "camoufle" les emprunts, pour dire sans complexe [ddjiret], [rcas], [rciveD], [zzect] sans que cela sonne comme des emprunts (/llilet/ "nuit", [lkas] "verre", [lkivD] "papier", [zzit] "huile" respectivement) et ainsi l’IDENTITE est sauve ; une chose qui n’est pas offerte pour les second, à cause de la transparence du système phonologique ancien, pour ne pas dire "archaïque" reconstitué d’ailleurs par les premiers berbérisants depuis A. Basset pour le proto-berbère.

 

Je termine cette note en renvoyant vers ce lien :

« Une langue vivante, l’Amazighe, étouffée à l'asphyxie par les siens. »

http://orbinah.blog4ever.com/francais-l-amazighe-berbere-une-langue-en-passe-d-etre-asfixiee-par-les-siens



19/01/2017
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