(FR+AR) Colloque sur IZENZAR au festival TIMITAR (Juil.2009)
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Les rencontres: Musiques Amazighes et Musiques du Monde
Le groupe Izenzaren
Et
Le développement de la musique amazighe et marocaine
(Colloque, Agadir 1 juillet 2009)
Le cadre général
La production musicale est l'un des modules socioculturels par lequel une communauté s'organise à travers ce qu'elle encode dans ses différentes formes, genres et discours comme valeurs codées qui deviennent des moyens de communication, d'auto identification et de mobilisation par conséquent. Dès le début des années 70s du vingtième siècle, la scène musicale marocaine a connu l'émergence de ces formes musicales connues par la suite par le générique de "Groupes musicaux" (Nas Al-Ghiwan, Ousman, Izenzar, Jil Jilala, etc.).
Ces développements de la scène musicale ont correspondu dans le temps à un contexte sociopolitique particulier, et ont servi de formes d'expression, d'organisation symbolique sociale et de mobilisation. Ces changements continuent encore aujourd'hui avec la parution des groupes dits "Musique du boulevard" ou musique de la "Nouvelle scène". Ces changements sont liés à chaque fois aux mutations internationales en matière d'idéologie globale et de développement des médias d'une part, mais aussi à la succession des générations et à l'évolution des structures et des équilibres sociologiques, économiques et politiques sur le plan national, avec tout ce que cela implique au niveau de la participation sociale et de la répartition des biens matériels et symboliques sur les plans économiques, politiques, intellectuels et artistiques. Ils sont également liés aux rapports qui existent entre la participation sociale et l'adhésion collective d'une part et les équilibres régionaux et identitaires d'autre part, ainsi qu'aux rapports entre ville et campagne et aux développements des grandes métropoles suite à l'exode rurale et à la migration en général.
Il est à remarquer, par exemple, en ce qui concerne ces évolutions sociologiques telles qu'elles se répercutent sur le plan des développements des formes musicales depuis le début du tournant de cette époque, que l'élément féminin, jadis présent au moins à travers le chœur dans les formations des rways (amazighophones) et des chanteurs (arabophones), est entièrement ou presque absent des formations des nouveaux groupes musicaux. Il a par contre fait son apparition notable en se frayant le chemin de vedettariat individuel soit via un leadership d'une formation musicale (musique amazighophone) soit via un vedettariat d'orchestres (musique arabophone).
Quelles sont donc les caractéristiques qui maquent l'expérience des nouveaux groupes musicaux en ce qui concerne leurs contextes d'apparition, leurs structures (structuration du groupe et distribution des rôles), leur organisation (contact avec le public, production et distribution), leur art (mélodies, rythmes et instruments), leur discours (source des paroles et leur contenu) et quelles sont les significations de toutes ces caractéristiques ?
Point de focalisation: le groupe Izenzaren
C'est là un spécimen de la batterie de questions que se propose de soulever la sixième édition des rencontres Musiques Amazighes et Musiques du Monde qui se tient dans le cadre du Festival Timitar-6 à Agadir (1-5 juillet 2009) à la veille du 50e anniversaire de la renaissance de cette ville après le séisme, et ce en examinant plus spécialement l'expérience du groupe musical Izenzaren et son rôle précurseur dans le développement de la musique amazighe en particulier et la musique marocaine en général. Il ne s'agit pas d'entrer dans l'historique des détails structuraux internes du groupe. Il s'agit plutôt de détecter les caractéristiques générales et les spécificités artistiques de ce groupe ainsi que les significations sociologiques et ethnomusicologiques de ces caractéristiques et de ces spécificités dans l'optique du type de questions soulevées plus haut. La focalisation mise sur l'expérience du Groupe en soi, n'empêche pas pour autant d'envisager des approches qui placent l'examen de l'expérience dans le cadre de son contexte social et historique général.
Mohamed Elmedlaoui
Institut Universitaire de
Responsable scientifique du colloque
Email <elmedlaoui@yahoo.fr>
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مهرجان تيميتار-6 (أكادير 1-5 يوليوز 2009)
ملتقيات الموسيقى الأمازيغية وموسيقى العالم
مجموعة إيزنزار
وتطوير الموسيقى الأمازيغية
(نـــــدوة؛ أكادير 1 يوليوز 2009)
الإنتاج والاستهلاك الموسيقيان من أهم المصوغات التي تنتظم من خلالها المجتمعات عبر ما تودعه في أشكالها وأجناسها وخطاباتها من قيم مرموزة تشكل وسيلة هامة من وسائل التواصل والانتماء والتعبئة. ولقد عرفت الساحة الموسيقية المغربية، مع بداية السبعينات من القرن الماضي، ظهور أشكال ما عُرف بـ"المجموعات الغنائية" (ناس الغيوان، أوسمان، إزنزار، جيل جيلالة، الخ.). ولقد اقترن ذلك الظهور بوضعية سوسيو-سياسية خاصة، فكان ظهور تلك الأشكال الموسيقية من بين أشكال التعبير والانتظام الرمزي الاجتماعي والتعبئة.
وقد استمر ذلك التحول إلى اليوم بظهور مجموعات ما عرف اليوم بـ"موسقى الشارع" (Musique du boulevard) أو موسيقى "الخشبة الجديدة" (Nouvelle scène). وكان التحول مرتبطا في كل مرة بالتحولات العالمية من جهة على مستويات الأيديولوجيا وتطور وسائل الاتصال، وبتعاقب الأجيال وتطور هياكل وبنيات التوازنات السوسيولوجية والاقتصادية والسياسية من جهة أخرى على الساحة الوطنية، وما يطرحه ذلك التعاقب وذلك التطور من قضايا تداول المسؤولية والخيرات المادية والرمزية على مختلف المستويات الاقتصادية والسياسية والفكرية والفنية؛ كما ارتبط ذلك التحول بمسألة شروط المشاركة الاجتماعية والتوازنات بين المكونات الهوياتية والجهوية، وكذا بعلاقة البادية بالحاضرة، وبتطور مكونات الحواضر الكبرى الناجمة عن الهجرة القروية، وكذلك بظاهرة الهجرة نحو الخارج.
ومن بين الملاحظات الجديرة بالاهتمام مثلا على مستوى التحولات السوسيولوجية كما تجلت تلك التحولاات على صعيد تطور الأشكال الموسيقية ابتداء من تلك الفترة المذكورة هو غياب العنصر النسوي شبه التام عن حظيرة تلك المجموعات الغنائية الجديدة، بعد أن كان حاضرا في فرق الروايس والمطربين رغم اقتصار دوره على الترديد، بينما عاد ذلك العنصر إلى الظهور بالتدريج بعد ذلك سالكا مسلك النجومية الفردية عبر قيادات نسوية لفرقها الخاصة (الغناء الناطق بالأمازيغية) أو عن طريق اعتماد نجومية الطرب الفردي عبر الأوركيسترات (الغناء الناطق بالعربية).
فما هي الخصائص النشوئية (ظروف النشوء)، والبنيوية (الهيكلة وتوزيع الأدوار)، والتنظيمية (ظرفيات الالتقاء بالجمهور وتسويق الإنتاج)، والفنية (الألحان والإيقاعات والآلات) والخطابية (الكلمات ومصادرها ومضامينها) لتجربة المجموعات الموسيقية المغربية لنصف القرن الأخير، وما هي دلالات تلك الخصائص ؟
الموضوع الخاص: مجموعة إيزنزار
تلك عينة من الأسئلة التي تسعى الدورة السادسة لملتقى "الموسيقى الأمازيغية وموسيقى العالم" إلى تناولها ومحاولة الإجابة عن بعض أوجهها من خلال التركيز على نموذج مجموعة "إزنزار الغنائية" ودورها في ريادة التطورات الأخيرة للموسيقى الأمازيغية خاصة، والموسيقى المغربية عامة، وذلك من خلال الملتقى المقبل المزمع تنظيمه في إطار الأنشطة العلمية لمهرجان تيميتار المبرمج هذه السنة لما بين 1-5 من يوليوز 2009 بأكادير عشية الذكرى الخمسين لانبعاث هذه المدينة بعد خرابها بالزلزال. لا يتعلق الأمر هنا بالدخول في تفاصيل تاريخ قضايا الهيكلية الداخلية لمجموعة إزنزار بقدر ما يتعلق برصد الدلالات الفنية والسوسيولوجية والاثنوموسيقية العامة لتلك التجربة في عموميتها باعتبار نوعية القضايا العامة المشار إليها أعلاه على سبيل المثال لا الحصر؛ فإذا كان من المفيد وضع تجربة المجموعة في إطارها السوسيولوجي والتاريخي العام، فإن التركيز يتعبن أن يكون على التجربة نفسها في حد ذاتها ومن حيث خصوصياتها.
محمد المدلاوي
محمد المدلاوي
المعهد الجامعي للبحث العلمي – الرباط
المسؤول العلمي للندوة
الميل elmedlaoui@yahoo.fr
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Le groupe Izenzaren et
Le développement de la musique amazighe et marocaine
1er juillet 2009 à la salle de la wilaya -Agadir
08H30 : Accueil
09H00 : ouverture des travaux du colloque
Matinée, de 09H00 à 13H00 :
Mohamed Elmedlaoui
Chercheur en linguistique et en culture amazighe, Rabat
«Pourquoi le groupe Izenzar comme thème de "Musiques Amazighes et Musiques du Monde" ?»
Musicologie, scènologie et organologie
Modération: Ahmed Sabir
Ahmed Aydoun
(Chercheur en musicologie - Rabat
«Tradition et modernité dans la musique amazighe, un rapport mitigé, l'expérience d'Izenzaren »
Mohamed El Idrissi
Chercheur en musicologie; conservatoire d'Agadir
«Interaction entre l'expérience des Izenzaren et la musique des rways du Sous»
Zohra Makach
Enseignant chercheur et dramaturge ; FLSH-Agadir
«Izezaren et la scène»
Lahcen Hira
Enseignant chercheur en anthropologie ; FLSH-Mohammedia
«Taznzart : Rénovation des instruments de musique »
Ethnomusicologie et anthropologie
Modération : Abdellah Baida
Ahmed Sabir
Enseignant chercher sur le patrimoine ; doyen de
«Izenzaren; le défi du retour»
Ahmed Assid
Chercheur en histoire des idées et en culture amazighe; IRCAM
«Izenzaren ; le contexte et les dimensions du phénomène »
El Khatir Aboulkacem-Afulay
Chercheur en anthropologie culturelle ; IRCAM
«A propos de l'émergence de la troupe Izenzaren ; contextes scoculturels»
13H30 : déjeuner
Après midi, de 15H00 à 18H00
Sémiologie et sémiotique des paroles
Modération: Ahmed Assid
Abdellah Baida
Enseignant chercheur en littérature ; ENS-Rabat
«Izenzaren: une parole au-delà du Sud (Etude des paroles de quelques chansons d'Izenzaren)»
Mohammed Khattabi
Enseignant chercheur en littérature et en culture amazighe; FLSH-Agadir
«Izenzaren; action et réaction dans le contexte national et international»
Mohamed Khattaby
Poète amazighe et président du bureau régional du Syndicat Marocain des Profession Musicales - Agadir
«La question d'engagement chez les groupes musicaux amazighs ; le cas des Izenzaren»
Mohamed Moustaoui
Poète amazighe et chercheur en culture amazighe
«Le groupe Izenzaren ; entre conformisme au dépassement»
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Synthèse
Dans le cadre de la sixième édition du festival Timitar, un grand hommage a été rendu au légendaire groupe IZENZAREN à travers une création théâtrale intitulée : « Izenzaren : un poème, un chant…un groupe toujours vivant », mise en scène par Abderrazak Zitouny et présentée par l’association Afak Sud le 30 juin à l’hôtel de ville à Agadir.
Le 1er juillet, un colloque a été tenu sur le thème : «Izenzaren et le développement de la musique Amazighe». Sous la direction scientifique de Mohamed El Medlaoui, ce colloque a vu la participation de plusieurs chercheurs et musicologues : Ahmed Aydoun , Lahsen Hira , Ahmed Assid, Ahmed Sabir, Mohamed El Idrissi , Abdellah Baida, El Khatir Aboulkacem-Afulay, Mohammed Khattabi, Mohamed Moustaoui, Said Azeroual, Mohamed Khattaby , Houcine Zgoura et Abdellah Chemli.
Lors de ce colloque, les interventions ont spécialement porté sur l’expérience du groupe Izenzaren d’après leur parcours, la particularité de leur texte et l’originalité de leur musique.
Cet hommage a particulièrement été marqué par la présence et la participation des membres du groupe : My Brahim Talibi, Hassan Bairi, Mohamed Hanafi et Jamal Zgoura ; qui ont apporté leur témoignage sur certaines étapes de leur parcours artistique.
Plusieurs recommandations ont été émises à l’issu de cet hommage :
- La nécessité d’une forte mobilisation pour améliorer les conditions sociales des membres du groupe
- La commémoration du nom de Izenzaren dans les espaces publiques
- La création d’un espace culturel dédié à la légende du groupe Izenzaren
- La publication des actes du colloque et la diffusion de la création théâtrale.
A signaler que l’association Timitar soutient également la sortie du nouvel album du groupe prévu dans les mois qui viennent et qui est très attendu par leurs fans.
Voir également, entre autres, une couverture de presse signée Mbark Achbani dans Libération (n° 5698 du 11 juillet 2009 / Libé+Eté).

Commentaires
Gadiri le 02/07/2009 à 20:31:27Bonjour. J'ai assisté aux travaux du colloque et je dois dire les interventions étaient d'une médiocrité frappante. Il me semble que les intervenants sont venus remplir leur chaises et passer de très bons moments d'estivage à Agadir. Je pense qu'il faut revoir la programmation et faire participer les gens compétents et pas se contenter des mêmes visages qui n'ont plus rien à prouver. Lancer un appel à communication serait à mon avis une solution au problème. Et pour finir, je ne conseille pas aux organisateurs la publication des actes du colloque.
U Trudant le 02/07/2009 à 20:41:04
Oui, Gadiri, tu as raison. Mois aussi, j'y été et j'ai pas apprécié du tout la teneur des communications présentées. Ce n'était que du verbiage et les approches étaient trop superficielles. Izenzaren en tant que phénomène a droit à tout les éloges, mais leur expérience a besoin aussi d'études critiques et scientifiques. Le colloque a manqué tout simplement son rendez vous avec l'histoire!
Elmedlaoui le 07/07/2009 à 10:36:47
Merci, chers Gadiri et U trudant. Mais pour moi ni l'un ni l'autre (s'il y en a) n'a raison. Puisque vous avez été présents, vous avez juste dû prendre la parole et faire des remarques à visage découvert et à contenu concret sur des points précis. Se limiter à débiter des reproches généraux à l'aide de qualificatifs de type "médiocrité" ou "verbiage" ne traduit qu'un déficit d'idées, c'est à dire un manque de connaissance dans le domaine de la discipline. Ne croyez pas que puisqu'il ne s'agit que de la musique amazighe, tous les amazighes, et personne d'autre, peuvent s'arroger le droit exclusif d'en discourir scientifiquement. Il ne s'agit pas ici d'un droit syndical ou ethnique; c'est une affaire de gens qui ont déjà fait leurs preuves dans le domaine de la discipline; et ses "même visages", on n'en a pas des tas chaque semaine. Auparavant, on avait juste quelques musicologues ou ethnomusicologues etrangers. Cessez donc de vouloir faire de cet espace d'investigation scientifique de portée nationale et internationale qui a été aménagé il y a quelques années en marge de Timitar un espace profane où ne s'affronterait que de la pure opinion profane. Cette culture populiste de l'oralité et du profane, qui se caractérise par du mémpris pour tout ce qui est scientifique et académique a déjà fait ses preuves destructrice ailleurs au Maroc et dans le voisinage en bloquant toute renaissance intellectuelle et en réduisant tout à une oralité primaire et à un ethnicisme local regressif. Votre région était jusqu'à il y a quelques années distinguée par sa productivité et son académisme ancestral malgré son enclavement socio-économique, mais il parait que depuis une dizaine d'année la vague popluliste venue d'ailleurs commence à la gagner; et c'est ce qui invite à beaucoup plus d'attention.
lahsen le 21/07/2009 à 08:40:39
Juste un mot de plus!
Je ne sais qui est agadiri ni utrudant par contre elmadlaoui OUI je connais... Il a fait ce qu'il a pu pour ouvrir un espace de débat scientifique dans un festival tel Timitar... C'est ce qu'il faut voir en premier lieu.
En second lieu en tant que participant intervenant j'ai cru entendre des exposés qui ne sont pas sans intérêt heuristique surtout que la recherche en musicologie dans le pays souffre de carence... et pourtant les idées échangées dans cette occasion sont intéressantes...
Bien sûr à l'exception de quelques remarques de personnes amères car ils n'ont pas entendu ce qu'ils voulaient entendre. Pour ne pas aller dans leur sens je dirais que dans tout débat intellectuel on juge selon ce qui a été dit et non selon ce qui devrait être dit. La "médiocrité" n'est qu'un jugement de valeur...
Le travail de notre ami Elmedlaoui reste louable voir courageux et souhaitons que ces moments d'échange se consolident et ne pas laisser Timitar se contenter des scènes de spectacle de musique seulement sans cet espace où l'on peut être actifs et avoir un regard critique sur des sujets à portée scientifique...Car justement c'est ce qui est un grand atout du festival.